vendredi 10 novembre 2017
lundi 10 avril 2017
Retour d'une lectrice de "Les chairs utopiques"
"Je viens de terminer la lecture de ton roman. J'ai adoré et comme ça d'emblée ça me fait penser à l angoisse de Gary: "chaque fois qu'un jour nouveau se pointe, j'ouvre la fenêtre et j'appelle au-secours" et à une phrase de Camus qui dit en gros que le doute est ce que nous avons de plus intime.
Ton écriture est en accord avec ce que tu cherches à provoquer, incisive, drôle et percutante. Du coup, j'ai été forcée de temps à autre à poser le livre pour réfléchir à l'angoisse et aux rires que tes mots provoquent. J'ai aimé ta critique de la société, de l'éducation nationale de l'ancienne DDASS, de nos utopies, de nos vies qui "ne sont qu'une succession de lieux communs" et je suis tout à fait d'accord avec toi que "vivre est quelque chose de terriblement et fondamentalement bizarre"...
"Les chairs utopiques", by me!
Un roman iconoclaste qui convoque Sartre, Céline, Cocteau, Camus, Césaire, Brautigan, Vian, pour ne citer qu'eux... Et c'est chez Crispation Editions (ce qui se fait de mieux)!
Présentation :
Des artistes et des intellectuels sont soustraits à leur milieu d’origine et prennent la parole « selon leur tempérament », pour enfin occuper notre espace et notre temps. Mais sous les coups de butoir d’un système ouvert à tous et néanmoins implacable, ces chairs utopiques finiront par se désagréger.
Philippe Sarr suggère des « arrière-mondes » plutôt qu’il ne situe d’« autres lieux », et côtoie plus volontiers le roman dickien que le concept de Foucault, auquel le titre renvoie.
Thriller philosophique, roman d’amour ou fantaisie : en s’imposant au lecteur par l’autorisation même qui lui est donné à prendre toutes ses libertés, « Les Chairs Utopiques » s’expérimente en fin de lecture comme un conte moderne, aussi effroyable que vivifiant.
Des artistes et des intellectuels sont soustraits à leur milieu d’origine et prennent la parole « selon leur tempérament », pour enfin occuper notre espace et notre temps. Mais sous les coups de butoir d’un système ouvert à tous et néanmoins implacable, ces chairs utopiques finiront par se désagréger.
Philippe Sarr suggère des « arrière-mondes » plutôt qu’il ne situe d’« autres lieux », et côtoie plus volontiers le roman dickien que le concept de Foucault, auquel le titre renvoie.
Thriller philosophique, roman d’amour ou fantaisie : en s’imposant au lecteur par l’autorisation même qui lui est donné à prendre toutes ses libertés, « Les Chairs Utopiques » s’expérimente en fin de lecture comme un conte moderne, aussi effroyable que vivifiant.
http://crispation-editions.fr/les-chairs-utopiques-philippe-sarr
vendredi 21 août 2015
"METAPOLY", de Georgie de Saint-Maur (aux éditions de l'Abat-Jour)
J'ai découvert Georgie de Saint-Maur il y a quatre ans, sur le site des éditions de l'Abat-Jour. Il venait d'y publier un feuilleton - "L'avenue du rire". Ce jour-là, j'ai pris une claque... Surréaliste... saint-maurienne...
Très vite, j'ai tendu l'autre joue, me suis alors retrouvé à lire son somptueux "C'est assez dire" (aux éditions "Rue des promenades"), dont j'ai livré une petite critique sur Babelio. Puis, devenu accroc à sa prose drôle et légère, me suis donc pris au jeu... du père Fétiche, d'abord... puis du "Métapoly". Ce qui nous a valu de beaux échanges passionnés (disponibles sur le site de l'Abat-Jour - voir la rubrique Echos sous la présentation du livre). Une expérience littéraire savoureuse, inédite et rare, donc. Un oxygénateur cérébral salvateur, à l'heure où notre esprit aurait plutôt tendance à s'engourdir.
J'ai le livre là, à portée de main (superbe couverture!): le feuilleton originel a été augmenté de quelques "ajouts" et le dessinateur Marray, par un travail d'illustrations remarquable, y a mis sa patte.
Le roman sème des cailloux comme on lancerait des graines! L'on s'y sent comme un enfant s'égayant à la vue d'un manège enchanteur et enchanté.
Un jeu quoi. Métapolien.
Qui réclame une certaine "complaisance à l'égard de l'absurde et du non-sens"!
METAPOLY, de Georgie de Saint-Maur, disponible aux éditions de l'Abat-Jour
Très vite, j'ai tendu l'autre joue, me suis alors retrouvé à lire son somptueux "C'est assez dire" (aux éditions "Rue des promenades"), dont j'ai livré une petite critique sur Babelio. Puis, devenu accroc à sa prose drôle et légère, me suis donc pris au jeu... du père Fétiche, d'abord... puis du "Métapoly". Ce qui nous a valu de beaux échanges passionnés (disponibles sur le site de l'Abat-Jour - voir la rubrique Echos sous la présentation du livre). Une expérience littéraire savoureuse, inédite et rare, donc. Un oxygénateur cérébral salvateur, à l'heure où notre esprit aurait plutôt tendance à s'engourdir.
J'ai le livre là, à portée de main (superbe couverture!): le feuilleton originel a été augmenté de quelques "ajouts" et le dessinateur Marray, par un travail d'illustrations remarquable, y a mis sa patte.
Le roman sème des cailloux comme on lancerait des graines! L'on s'y sent comme un enfant s'égayant à la vue d'un manège enchanteur et enchanté.
Un jeu quoi. Métapolien.
Qui réclame une certaine "complaisance à l'égard de l'absurde et du non-sens"!
METAPOLY, de Georgie de Saint-Maur, disponible aux éditions de l'Abat-Jour
dimanche 12 juillet 2015
mardi 11 novembre 2014
PLANETE DES OMBRES, de Christophe Lartas (aux Editions de l'Abat-Jour)
A la lecture de ce roman - le travail sur
la langue y est quasi orgiaque -, l'on comprend très vite que les monstres de
Lartas sont, par leur cruauté sans limite – nous y sommes dépecés, démembrés,
ratatinés, sodomisés, parqués dans des camps -, nous ressemblent comme deux
gouttes d’eau.
Le malaise que l’on éprouve, une fois
entré dans ce qui pourrait s’apparenter à un musée des horreurs superbement
bien rendu – les descriptions des scènes de lynchage et autres énucléations y fourmillent
de détails que l’on pourrait, ayant fait abstraction de la cruauté qui s'en dégage, qualifier de croustillant -
et l’on pense dés lors à Dante et à sa Divine
comédie – réside donc dans ce postulat, rien ne naissant de rien.
Christophe Lartas nous tend un miroir dans lequel nous nous reconnaissons dans
notre capacité à enfanter des créatures à la toute puissance effroyable, prompte
à détruire et à réduire en bouillie tout ce qui vit et bouge.
Pour autant, au regard de notre
insatiable besoin narcissique de nous penser tels que des créatures d’exception
dans un univers dont nous serions la seule et unique mesure, il y a la
révélation d’un monde pluriel (les titans et autres monstruosités biologiques)
dont l’infinie diversité donne le vertige, fait prendre conscience de ce que
l’Homme est! A celles qui ont été provoquées par Copernic, Darwin puis Freud,
s’ajoute une autre blessure qui lui est violemment infligée : quand il se
croyait au-dessus de tout, il n’est rien de plus qu’un atome dans l’immensité !
Et nul n’y échappe. Le tableau est d’une
noirceur absolue. Femmes, enfants, artistes, philosophes, chercheurs, des plus
anciens aux plus modernes, asservis ou rebelles, participent, par leurs œuvres
et leurs actes, de cette sombre débâcle cosmique. Le Mal, nous dit le
narrateur, est consubstantiel à la vie, à toute création ainsi qu’à ses auteurs, voués, pour cette raison, à disparaître dans la « vacuité du
temps », à mourir comme ils ont vécu, à savoir « inconscients et
aveugles »… Ne survivent à ce carnage, le notre et celui des traces que
nous aurons laissées derrière nous comme autant d’ombres insignifiantes, qu’un
livre, donc, et son narrateur, un narrateur « désubstancié », éclairé
et éclairant (un être de pure lumière, un pacificateur ?), qui pages après
pages nous assène la preuve de notre hideur : nous sommes « mauvais »,
tout comme l’est tout ce que nous touchons ou créons, et comme le sont
également les dieux de notre triste panthéon ! Reste la question de la
responsabilité. L’Homme avait-il la liberté, le choix moral d’être autre ?...
La seule bonne nouvelle de ce roman,
c’est que, quoiqu’il advienne, il y aura toujours quelqu’un, quelque part, sous
une forme ou une autre, pour raconter et écrire des histoires – ici la notre, ce qui démontre une fois de plus que la littérature nous est aussi indispensable que respirer.
Roman philosophique, moraliste ?, donc, qui interroge sur la place de l’Homme à
l’échelle cosmique, sur sa nature (l’homme
est-il par nature un être moral?). Si l’on en croit le narrateur, il n’a guère
plus de valeur ontologique qu’un grain de poussière ou que l’infime partie
d’une goutte d’eau dans le plus vaste des océans qui a donc pour seul mérite
celui d’exister et qui, de fait, ne saurait avoir de conscience morale ! Demeure
ce texte surprenant, parfois difficile de lecture de par sa noirceur absolue,
riche comme je le disais, post-apocalyptique, dont on peut penser raisonnablement
qu’il aura été composé à une époque largement postérieure à la notre, et aura
donc échappé au carnage final, à l’effacement définitif, et donc au pire des
scénarios qui, pour nous, puissent s’imaginer…
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