J'ai découvert Georgie de Saint-Maur il y a quatre ans, sur le site des éditions de l'Abat-Jour. Il venait d'y publier un feuilleton - "L'avenue du rire". Ce jour-là, j'ai pris une claque... Surréaliste... saint-maurienne...
Très vite, j'ai tendu l'autre joue, me suis alors retrouvé à lire son somptueux "C'est assez dire" (aux éditions "Rue des promenades"), dont j'ai livré une petite critique sur Babelio. Puis, devenu accroc à sa prose drôle et légère, me suis donc pris au jeu... du père Fétiche, d'abord... puis du "Métapoly". Ce qui nous a valu de beaux échanges passionnés (disponibles sur le site de l'Abat-Jour - voir la rubrique Echos sous la présentation du livre). Une expérience littéraire savoureuse, inédite et rare, donc. Un oxygénateur cérébral salvateur, à l'heure où notre esprit aurait plutôt tendance à s'engourdir.
J'ai le livre là, à portée de main (superbe couverture!): le feuilleton originel a été augmenté de quelques "ajouts" et le dessinateur Marray, par un travail d'illustrations remarquable, y a mis sa patte.
Le roman sème des cailloux comme on lancerait des graines! L'on s'y sent comme un enfant s'égayant à la vue d'un manège enchanteur et enchanté.
Un jeu quoi. Métapolien.
Qui réclame une certaine "complaisance à l'égard de l'absurde et du non-sens"!
METAPOLY, de Georgie de Saint-Maur, disponible aux éditions de l'Abat-Jour
vendredi 21 août 2015
dimanche 12 juillet 2015
mardi 11 novembre 2014
PLANETE DES OMBRES, de Christophe Lartas (aux Editions de l'Abat-Jour)
A la lecture de ce roman - le travail sur
la langue y est quasi orgiaque -, l'on comprend très vite que les monstres de
Lartas sont, par leur cruauté sans limite – nous y sommes dépecés, démembrés,
ratatinés, sodomisés, parqués dans des camps -, nous ressemblent comme deux
gouttes d’eau.
Le malaise que l’on éprouve, une fois
entré dans ce qui pourrait s’apparenter à un musée des horreurs superbement
bien rendu – les descriptions des scènes de lynchage et autres énucléations y fourmillent
de détails que l’on pourrait, ayant fait abstraction de la cruauté qui s'en dégage, qualifier de croustillant -
et l’on pense dés lors à Dante et à sa Divine
comédie – réside donc dans ce postulat, rien ne naissant de rien.
Christophe Lartas nous tend un miroir dans lequel nous nous reconnaissons dans
notre capacité à enfanter des créatures à la toute puissance effroyable, prompte
à détruire et à réduire en bouillie tout ce qui vit et bouge.
Pour autant, au regard de notre
insatiable besoin narcissique de nous penser tels que des créatures d’exception
dans un univers dont nous serions la seule et unique mesure, il y a la
révélation d’un monde pluriel (les titans et autres monstruosités biologiques)
dont l’infinie diversité donne le vertige, fait prendre conscience de ce que
l’Homme est! A celles qui ont été provoquées par Copernic, Darwin puis Freud,
s’ajoute une autre blessure qui lui est violemment infligée : quand il se
croyait au-dessus de tout, il n’est rien de plus qu’un atome dans l’immensité !
Et nul n’y échappe. Le tableau est d’une
noirceur absolue. Femmes, enfants, artistes, philosophes, chercheurs, des plus
anciens aux plus modernes, asservis ou rebelles, participent, par leurs œuvres
et leurs actes, de cette sombre débâcle cosmique. Le Mal, nous dit le
narrateur, est consubstantiel à la vie, à toute création ainsi qu’à ses auteurs, voués, pour cette raison, à disparaître dans la « vacuité du
temps », à mourir comme ils ont vécu, à savoir « inconscients et
aveugles »… Ne survivent à ce carnage, le notre et celui des traces que
nous aurons laissées derrière nous comme autant d’ombres insignifiantes, qu’un
livre, donc, et son narrateur, un narrateur « désubstancié », éclairé
et éclairant (un être de pure lumière, un pacificateur ?), qui pages après
pages nous assène la preuve de notre hideur : nous sommes « mauvais »,
tout comme l’est tout ce que nous touchons ou créons, et comme le sont
également les dieux de notre triste panthéon ! Reste la question de la
responsabilité. L’Homme avait-il la liberté, le choix moral d’être autre ?...
La seule bonne nouvelle de ce roman,
c’est que, quoiqu’il advienne, il y aura toujours quelqu’un, quelque part, sous
une forme ou une autre, pour raconter et écrire des histoires – ici la notre, ce qui démontre une fois de plus que la littérature nous est aussi indispensable que respirer.
Roman philosophique, moraliste ?, donc, qui interroge sur la place de l’Homme à
l’échelle cosmique, sur sa nature (l’homme
est-il par nature un être moral?). Si l’on en croit le narrateur, il n’a guère
plus de valeur ontologique qu’un grain de poussière ou que l’infime partie
d’une goutte d’eau dans le plus vaste des océans qui a donc pour seul mérite
celui d’exister et qui, de fait, ne saurait avoir de conscience morale ! Demeure
ce texte surprenant, parfois difficile de lecture de par sa noirceur absolue,
riche comme je le disais, post-apocalyptique, dont on peut penser raisonnablement
qu’il aura été composé à une époque largement postérieure à la notre, et aura
donc échappé au carnage final, à l’effacement définitif, et donc au pire des
scénarios qui, pour nous, puissent s’imaginer…
mardi 11 février 2014
L'enfance crue, de Marianne Desroziers, aux éditions Lunatiques (lien ci-dessous)
http://www.editions-lunatique.com
Ca commence dans les airs, avec des fantômes (allusion à Borgès), ça se prolonge sur terre, dans une forêt remplie de bruits étranges, ça se termine dans l'eau, une eau "pure et cristalline" où Ligie, jeune ado fugueuse, achèvera sa métamorphose...
Les phrases sont courtes et incisives. Le rythme effréné. Quelques mots suffisent pour que l'on bascule avec bonheur (celui de la lecture), et avec crainte (celle-là nocturne!) dans le monde magique de l'enfance !
Un vrai bon petit bouquin!
mercredi 30 octobre 2013
"La guerre civile est déclarée", roman de Christophe Paviot, aux éditions "dialogues"...
Un (trés!) bon bouquin,, ça se défend et on en parle... "La guerre civile est déclarée", de Christophe Paviot est un roman que je qualifierai d'"hyperréaliste" parfaitement ancré dans la réalité, celle d'une société au consumérisme échevelé qui ne laisse que très peu de place, voire aucune, à l'humain. Pour passer entre les mailles des video surveillance censées nous protéger, échapper à nos propres peurs, celle du chômage qui menace, du chef tyrannique, ou de "la ruine programmée de l'humanité"une seule solution: se faire passer pour un type normopathe, "bien inséré", le genre qui ne fait donc jamais de bruits ni ne proteste, et frapper en plein coeur du système. Frapper fort et avec détermination, de manière donc à ce que la peur change de camp.
C'est le cas d'Arnaud, lequel ne sort jamais de chez lui sans être accompagné des Oeuvres complètes de William Shakespeare qu'il trimbale partout où il va, depuis les "tours Horizons" jusqu'aux quartiers périphériques de la ville!
La fin, que je ne vous dévoilerai pas, bien sûr, est surprenante, et l'on ne lâche plus ce livre, dés lors que l'on y entre, d'un bout jusqu'à la fin.
Quant aux descriptions de la ville de Rennes et, plus généralement de la Bretagne (qui fait tant parler d'elle en ce moment!), de ce paysage urbain et conurbain dans lequel "la ville et la campagne" se dissolvent dans "une bouillie de tours" et de "grands ensembles", jamais gratuites car servant toujours l'intrigue, elles sont tout simplement magnifiques et magistrales!
A lire, donc...
"La guerre civile est déclarée", de Christophe Paviot (éditions dialogues)
Un (trés!) bon bouquin,, ça se défend et on en parle... "La guerre civile est déclarée", de Christophe Paviot est un roman que je qualifierai d'"hyperréaliste" parfaitement ancré dans la réalité, celle d'une société au consumérisme échevelé qui ne laisse que très peu de place, voire aucune, à l'humain. Pour passer entre les mailles des video surveillance censées nous protéger, échapper à nos propres peurs, celle du chômage qui menace, du chef tyrannique, ou de "la ruine programmée de l'humanité"une seule solution: se faire passer pour un type normopathe, "bien inséré", le genre qui ne fait donc jamais de bruits ni ne proteste, et frapper en plein coeur du système. Frapper fort et avec détermination, de manière donc à ce que la peur change de camp.
C'est le cas d'Arnaud, lequel ne sort jamais de chez lui sans être accompagné des Oeuvres complètes de William Shakespeare qu'il trimbale partout où il va, depuis les "tours Horizons" jusqu'aux quartiers périphériques de la ville!
La fin, que je ne vous dévoilerai pas, bien sûr, est surprenante, et l'on ne lâche plus ce livre, dés lors que l'on y entre, d'un bout jusqu'à la fin.
Quant aux descriptions de la ville de Rennes et, plus généralement de la Bretagne (qui fait tant parler d'elle en ce moment!), de ce paysage urbain et conurbain dans lequel "la ville et la campagne" se dissolvent dans "une bouillie de tours" et de "grands ensembles", jamais gratuites car servant toujours l'intrigue, elles sont tout simplement magnifiques et magistrales!
A lire, donc...
"La guerre civile est déclarée", de Christophe Paviot (éditions dialogues)
mardi 17 septembre 2013
Un éditeur à découvrir coûte que coûte: à son actif, trois excellents romans (dont "Chbebs" de Salima Rhamna, lequel a fait l'objet d'une présentation sur ce Blog), un recueil de nouvelles "sombre et cruel" ("Hirondelle ou martinet" de Serge Cazenave-Sarkis, qui a aussi fait l'objet d'une présentation ici), de nombreuses nouvelles en ligne, une revue numérique, "L'Ampoule", pour éclairer vos nuits!
C'est ici:
http://www.editionsdelabatjour.com
C'est ici:
http://www.editionsdelabatjour.com
A lire au risque de se brûler les ailes!
Le nouveau numéro de la revue l'Ampoule sur le thème Voyage et exotisme est en ligne. Au sommaire : Philippe Choffat, Marianne Desroziers, Francis Denis, Sébastien Chagny, Blandine Galtier, Marlène Tissot, Cécile Benoist, Michelle Tochet, Xavier Bonni, Adeline Scherman, Nicéphore Pétrolette, Al Denton, Céline Mayeur, Antonia Bellemin, Jacques Cauda, Marc Laumonier, Muriel Friboulet, Serge Cazenave-Sarkis, Christian Attard, Philippe Sarr, Antonella Fiori, Barbara Marshall, Barbara Albeck, Delphine C., Elisabeth Mounic et Marray.
http:// www.editionsdelabatjour.com/ article-l-ampoule-numero-9-1200 54775.html
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